Après le succès de Shovel Knight, Yacht Club Games revient avec Mina the Hollower, une aventure d’action qui change de terrain de jeu sans perdre le sens du détail. Ici, plus question de plateformes pures : le studio s’attaque à une formule plus large, inspirée des grands action-RPG en vue du dessus, avec une forte dose de Zelda, un soupçon de Castlevania et une vraie identité propre. Sur Switch 2, le résultat impressionne immédiatement par sa direction artistique, son rythme et sa générosité.
On y incarne Mina, une souris inventrice envoyée sur Tenebrous Isle pour rétablir des générateurs de puissance tombés en panne. Le point de départ semble classique, mais le jeu sait vite enrichir son univers grâce à ses personnages, ses dialogues et ses secrets disséminés un peu partout. L’île se découvre à son propre rythme, avec une structure assez ouverte qui laisse choisir plusieurs zones dans l’ordre voulu, tout en gardant une progression naturelle. Le jeu demande surtout d’observer, d’écouter les habitants et de prêter attention aux détails du décor.
Ce qui distingue vraiment Mina the Hollower, c’est son gameplay. Mina peut creuser sous terre, ressortir brusquement pour gagner en mobilité, sauter plus loin et contourner certains obstacles. Cette mécanique sert autant à l’exploration qu’aux combats, et elle devient vite indispensable. Les affrontements reposent aussi sur une logique de risque et de récompense : plus vous jouez agressivement, plus vous regagnez de vie efficacement. C’est un système très satisfaisant, qui pousse à rester mobile et offensif.
Le jeu mise aussi sur une vraie variété d’armes, de sous-armes et d’objets passifs. Chaque arme principale modifie nettement la façon de jouer, entre portée, vitesse, puissance ou défense. Les talismans et autres équipements permettent encore d’affiner son style, au point de rendre certaines portions du jeu presque modulables selon sa manière d’aborder l’aventure. Yacht Club Games a clairement pensé son système pour laisser beaucoup de liberté au joueur.
Sur Switch 2, l’ensemble profite d’une réalisation très propre. Le pixel art évoque la Game Boy Color, mais avec un niveau de finition bien supérieur à ce que les consoles d’époque pouvaient afficher. Les animations, les décors et les effets de mise en scène donnent beaucoup de relief à l’aventure, tandis que la bande-son de Jake Kaufman, épaulée par Yuzo Koshiro, apporte une vraie personnalité sonore. En portable comme sur grand écran, le jeu paraît solide et particulièrement à l’aise dans sa version Switch 2.
Mina the Hollower réussit surtout ce que peu de jeux rétro modernes parviennent à faire : être à la fois nostalgique et vraiment actuel. Il reprend des idées connues, mais les assemble avec suffisamment de précision, de densité et de confiance pour créer une aventure qui lui appartient. C’est un jeu ambitieux, dense, souvent exigeant, mais très gratifiant une fois qu’on en comprend les règles.
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