Blue Reflection Quartet rassemble enfin toute la saga en un seul ensemble, et c’est probablement la meilleure façon de découvrir ce petit coin très particulier du JRPG de Gust. La collection conserve le cœur de la série : des héroïnes qui se construisent, des liens qui se tissent au fil du temps et une approche du magical girl plus tournée vers l’émotion que vers le spectaculaire. C’est une œuvre de niche, oui, mais aussi une œuvre qui assume totalement sa sensibilité.
Le premier Blue Reflection reste l’épisode fondateur, avec Hinako Shirai, ancienne danseuse brisée par une blessure, projetée dans un monde de rêve où elle devient Reflector. Cette idée donne au jeu une force immédiate, parce qu’elle lie le combat à la reconstruction personnelle. On y retrouve aussi la mécanique des fragments émotionnels, qui transforment les états d’âme en matière à explorer puis à apaiser, ce qui donne au monde une cohérence assez rare. Même si le récit avance avec quelques lourdeurs, il conserve une vraie élégance dans sa manière de parler de vulnérabilité et d’espoir.
Second Light pousse encore plus loin cette logique d’intimité. Ao et les autres filles se réveillent dans un lieu désert, presque suspendu hors du monde, et tout l’intérêt du jeu repose sur la manière dont elles reconstruisent peu à peu un espace commun. Le résultat est plus contemplatif, plus chaleureux aussi, avec des relations qui prennent le pas sur les grandes péripéties. C’est sans doute l’épisode le plus abouti du lot, parce qu’il parvient à être à la fois apaisant, mélancolique et très cohérent dans sa progression.
Les deux autres entrées servent davantage de ponts. L’anime Blue Reflection Ray devient ici une version interactive plus ramassée, utile pour situer son histoire dans la continuité de la série, mais forcément plus sèche que l’original. Blue Reflection Sun, de son côté, a été retravaillé pour correspondre au format de la compilation, mais son héritage de jeu mobile se sent encore dans son rythme et dans son écriture. C’est l’élément le plus discutable du lot, même si sa présence a le mérite de compléter la vision d’ensemble.
Sur Switch 2, la compilation profite d’améliorations de confort qui rendent l’ensemble plus agréable à parcourir. Les déplacements sont plus rapides, les menus plus souples et les transitions moins pesantes qu’à l’époque des sorties d’origine. En revanche, certaines retouches visuelles restent plus gênantes qu’utiles : plusieurs scènes liées à l’eau, aux vêtements mouillés ou aux bains ont été adoucies par excès, au point de perdre une partie de leur sens symbolique. Ce n’était pas du fan service agressif à la base ; c’était plutôt une manière de parler du corps, de la pudeur et de la fragilité.
Au final, Blue Reflection Quartet n’est pas juste une compilation de plus. C’est une manière de préserver une série atypique, sincère et souvent très touchante, malgré ses détours plus faibles. Les deux grands épisodes suffisent déjà à justifier l’ensemble, et même si tout n’est pas égal, la collection garde ce qui fait la valeur de Blue Reflection : la bienveillance, la mélancolie et cette façon très douce de parler de croissance personnelle.
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