Kyoto Xanadu n’est pas sorti en Europe, donc ce test est basé sur la version japonaise du jeu. Et si je devais résumer mon ressenti en une phrase, je dirais que Falcom y fait ce qu’il sait faire de mieux : prendre une idée simple, l’habiller d’un univers vivant et lui donner assez de cœur pour qu’on ait envie d’y rester.
On suit un groupe d’élèves pris dans une série d’événements surnaturels qui débordent peu à peu sur leur quotidien. Le jeu mélange vie scolaire, exploration urbaine et menace venue d’un autre monde, avec ce sens du rythme très japonais qui sait alterner les moments calmes et les pics d’intensité sans casser l’équilibre général. Ce n’est pas une histoire qui cherche à renverser le genre, mais elle sait installer ses personnages, ses liens et son atmosphère avec une vraie efficacité.
Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la façon dont le jeu fait dialoguer le quotidien et l’étrange. Les séquences dans l’école ne sont pas là pour faire patienter entre deux combats : elles donnent du poids aux relations, aux habitudes et aux petites tensions qui rendent le reste plus crédible. Puis, dès que le surnaturel prend le dessus, le contraste fonctionne d’autant mieux que le jeu a pris le temps de poser ses bases.
Le système de combat suit la même logique : direct, lisible et sans fioritures inutiles, mais suffisamment dynamique pour rester plaisant sur la durée. On est dans un action-RPG qui privilégie la réactivité, le positionnement et la bonne utilisation des compétences plutôt que la démonstration technique. C’est simple à comprendre, mais on sent qu’il y a assez de matière pour que la progression reste engageante.
J’ai aussi trouvé que Kyoto Xanadu faisait un bon travail sur son ambiance. La ville, les déplacements, le côté contemporain et les éléments plus mystiques s’assemblent proprement, ce qui donne au jeu une identité plus marquée qu’on pourrait le croire au premier abord. Il y a quelque chose de très rassurant dans la manière dont Falcom construit ses mondes : tout est lisible, cohérent et pensé pour servir l’histoire autant que le gameplay.
Sur Switch, le jeu tient bien la route et donne une impression de maîtrise constante. Ce n’est pas un titre qui cherche à impressionner par la taille de ses promesses, mais par la solidité de son exécution. Et c’est précisément ce genre de jeu que j’aime défendre : un RPG qui sait parler aux joueurs avec sincérité, sans surjouer son ambition.
Au final, Kyoto Xanadu m’a laissé l’image d’un très bon action-RPG japonais, porté par un univers agréable, des personnages correctement posés et une boucle de jeu qui fait le travail avec sérieux. Ce n’est peut-être pas le projet le plus flamboyant de Falcom, mais c’est le genre d’aventure qui trouve sa force dans sa constance.
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