On aurait aimé quitter cette Paris Games Week 2026 avec davantage d’enthousiasme. Les jeux attendus sont bien là, quelques stands donnent envie de s’attarder et certaines démonstrations constituent de bonnes raisons de faire le déplacement. Pourtant, l’impression dominante reste celle d’un salon dont on voit rapidement les limites. Nintendo propose l’espace le plus convaincant, Capcom multiplie les points d’intérêt et SEGA attire avec plusieurs grosses productions. Entre ces rendez-vous, il manque ce plaisir de flâner et de découvrir un jeu auquel on ne pensait pas quelques minutes auparavant.
Un format réduit qui change la visite
Les principaux stands se concentrent cette année dans le Hall 1 de Paris Expo Porte de Versailles. Des activités sont également programmées au Dôme de Paris, mais le parcours d’exposition donne bien le sentiment d’une édition resserrée.
On repère rapidement les espaces qui nous intéressent. Ce n’est pas nécessairement un problème lorsque l’on vient avec deux ou trois objectifs précis. Cela devient plus frustrant lorsque l’on espère passer la journée à multiplier les découvertes.
La place occupée par les jeux de cartes contribue aussi à notre impression d’une offre moins centrée sur la prise en main des nouveautés. Ces activités ont leur public et leur légitimité, mais elles ne remplacent pas les démonstrations que l’on venait chercher.
Il serait toutefois excessif de parler d’un salon vide. Nintendo, SEGA, Capcom et Bandai Namco sont présents, tout comme Activision avec le multijoueur de Call of Duty: Modern Warfare 4. Le problème tient moins à l’absence de grosses productions qu’à leur concentration sur quelques points du parcours.
Nintendo, le stand qui nous donne envie de rester
Nintendo constitue notre principale satisfaction. La présentation est soignée, le stand accueillant et les occasions de prendre une manette suffisamment nombreuses pour nous retenir.
C’est surtout la variété qui fait du bien. On retrouve ce fonctionnement que l’on attend d’un salon : découvrir un espace, regarder les jeux proposés et avoir envie de passer à la borne suivante plutôt que de repartir après une seule attraction.
Les partenaires participent largement à cet intérêt. Professeur Layton et le Nouveau Monde à vapeur propose un aperçu court, avec deux énigmes, mais suffisamment concret pour retrouver le plaisir de l’observation et de la réflexion. On aurait aimé prolonger la découverte ; au moins repart-on avec autre chose qu’une bande-annonce en tête.
Sur cette édition, Nintendo donne ainsi davantage le sentiment d’un stand à explorer que d’un simple rendez-vous promotionnel. Ce n’est pas anodin : lorsque le salon paraît plus petit, un espace qui nous retient vraiment fait immédiatement la différence.

Zelda : un bel anniversaire, mais une frustration manette en main
Dès l’entrée, la frise consacrée aux 40 ans de Zelda attire le regard. L’hommage est réussi et donne envie de prendre le temps de parcourir l’histoire de la série. Le photobooth prolonge cette mise en scène avec un décor particulièrement soigné.
Visuellement, l’ensemble fonctionne. En revanche, la présence d’Ocarina of Time laisse un goût d’inachevé : une bande-annonce, un espace photo, mais aucune borne jouable.
On apprécie la célébration, sans pouvoir s’empêcher de penser qu’il manque l’essentiel pour un salon consacré au jeu vidéo : la possibilité de jouer. Une belle installation fait plaisir ; elle ne procure pas la même satisfaction qu’une première prise en main.


Final Fantasy VII Revelation : un rendez-vous attractif, mais limité en capacité
Final Fantasy VII Revelation bénéficie d’une présence importante, répartie entre plusieurs dispositifs. Sa version Switch 2 est jouable sur huit bornes du stand Nintendo, tandis qu’une présentation sur grand écran est proposée dans la salle de cinéma de Bandai Namco.
Cette distinction compte : on ne se rend pas au même endroit pour essayer le jeu et pour assister à sa présentation. L’ensemble lui donne une forte visibilité, mais les huit bornes rappellent aussi les limites pratiques du dispositif. Pour une production aussi attendue, l’accès à la démonstration devient forcément un élément déterminant de la visite.
Le programme prévoit également une présentation spéciale de Naoki Hamaguchi sur la grande scène Nintendo, samedi 24 octobre à 15 h 45. Un rendez-vous supplémentaire pour les amateurs de Final Fantasy, dont il faudra attendre le contenu avant de tirer des conclusions.
On aurait néanmoins aimé que cette présence s’accompagne d’une découverte plus large des projets de Square Enix. Retrouver un même jeu sous plusieurs formes ne produit pas tout à fait le même enthousiasme que passer d’une nouveauté à une autre.

Capcom multiplie les raisons de faire le détour
Chez Capcom, l’intérêt ne repose pas sur une seule attraction. Monster Hunter Wilds: Ascendance bénéficie d’une première prise en main européenne annoncée pour le salon, avec la présence de Ryozo Tsujimoto et Takuro Hiraoka les 22 et 23 octobre.
La scène consacrée à Street Fighter 6 apporte de l’animation, tandis que Mega Man: Dual Override constitue une autre occasion de s’arrêter. Cette diversité donne davantage de consistance à l’espace : on peut venir pour un jeu et avoir une raison de rester pour autre chose.
La boutique complète agréablement le passage. Capcom confirme une sélection de produits dérivés exclusifs disponibles uniquement sur place. On y retrouve notamment des tee-shirts et des porte-clés, avec un marquage « Paris » sur certaines références. Les prix nous ont paru raisonnables pour des souvenirs liés à l’événement.
Une boutique ne remplace évidemment pas les démonstrations. Lorsqu’elle vient en complément d’une offre de jeux et d’animations, elle apporte toutefois une touche appréciable à la visite.

Wolverine est bien jouable, mais chez la Fnac
La présence de Marvel’s Wolverine mérite une précision : le jeu est proposé sur l’espace Fnac, et non dans un grand stand PlayStation autonome. Une démonstration permet de le découvrir, tandis qu’une statue grandeur nature offre une occasion de repartir avec une photo.
Il ne s’agit donc pas d’un simple décor promotionnel. La possibilité de jouer donne un intérêt concret au passage. En revanche, cette présence ciblée ne procure pas le même sentiment de variété qu’un espace réunissant plusieurs productions PlayStation.
C’est une nuance importante dans le bilan du salon : la marque est représentée à travers son jeu, mais pas avec l’ampleur que l’on pourrait attendre d’un stand constructeur.
SEGA attire, avec une question sur l’accès aux essais
Alien: Isolation 2 et Stranger Than Heaven font partie des propositions qui retiennent le plus notre attention chez SEGA. Les sessions de trente minutes annoncées sont séduisantes : elles permettent, en principe, de dépasser la simple découverte des commandes et de mieux entrer dans un jeu.
Le revers paraît évident. Plus les essais sont longs, plus la capacité d’accueil devient importante. On apprécie l’idée de pouvoir s’installer pendant une demi-heure ; on apprécie moins celle de faire dépendre une partie de sa journée d’une place difficile à obtenir.
Cela ne suffit pas à condamner l’organisation. En revanche, c’est un point essentiel pour juger l’expérience offerte au public : une belle démonstration n’a pas la même valeur si seule une petite partie des visiteurs peut y accéder.
Persona 4 Revival propose une autre approche intéressante, avec le choix entre une séquence en donjon et une partie narrative. Une manière pertinente de laisser chacun découvrir la facette de l’aventure qui l’intéresse le plus.

Une visite qui demande de savoir ce que l’on vient chercher
Le tarif rend la question du contenu incontournable. Le billet journée est annoncé à 29 euros pour les personnes de 26 ans et plus, contre 20 euros pour les 8–25 ans. L’entrée est gratuite pour les moins de 8 ans sur réservation.
À ce prix, on attend davantage qu’une succession de décors et de vidéos. On veut pouvoir jouer, découvrir et disposer d’assez de choix pour que la réussite de la journée ne repose pas sur deux ou trois démonstrations.
Cette Paris Games Week 2026 nous paraît surtout inégale. Nintendo donne envie de rester, Capcom propose un ensemble consistant et plusieurs jeux peuvent justifier le déplacement à eux seuls. Mais il manque de l’ampleur et davantage de découvertes entre ces temps forts.
Pour les visiteurs qui viennent avec des priorités précises, l’intérêt reste réel. Pour ceux qui espèrent retrouver un grand salon où se laisser surprendre pendant toute une journée, cette édition risque de laisser la même frustration que la nôtre.
Merci pour l’article, ça permet de se faire une bonne idée. Dommage qu’il y ait le côté frustrant.