The Legend of Heroes: Trails from Zero et The Legend of Heroes: Trails to Azure arrivent ensemble sur Nintendo Switch 2. Cette double sortie permet de découvrir, ou de retrouver, l’arc Crossbell dans des versions plus confortables et techniquement mieux adaptées à la nouvelle machine de Nintendo. Il faut toutefois le préciser immédiatement : les jeux sont édités en Europe par NIS America et ne disposent pas de traduction française. Contrairement aux remakes récents de Trails in the Sky, il faut donc jouer en anglais, avec des textes très présents tout au long de l’aventure.
Il ne s’agit pas d’une simple mise à jour gratuite des épisodes Switch parus en 2022. Les deux jeux doivent être achetés à nouveau, même si les sauvegardes des anciennes versions peuvent être récupérées. C’est un point important, car Trails from Zero et Trails to Azure forment une seule et même histoire. Le premier pose les bases, présente Crossbell et installe une équipe de héros atypique ; le second reprend directement les fils narratifs laissés en suspens et développe des enjeux plus larges. Les aborder dans le désordre reste possible grâce aux résumés proposés, mais ce serait passer à côté d’une grande partie de leur force.
L’arc Crossbell tient une place particulière dans l’immense série The Legend of Heroes. Il se déroule après la trilogie Sky et en parallèle de certains événements de Cold Steel, mais il reste une porte d’entrée valable. On y suit Lloyd Bannings, jeune policier qui rejoint la Section de Soutien Spécial, une petite unité chargée de répondre aux problèmes quotidiens des habitants de Crossbell. Avec Elie, Tio et Randy, il enquête, aide la population et découvre peu à peu les tensions qui entourent cette cité indépendante, coincée entre deux grandes puissances.
Cette approche donne aux jeux une identité différente de beaucoup de JRPG. L’aventure ne cherche pas immédiatement à sauver le monde. Elle prend le temps de faire vivre sa ville, ses quartiers, ses commerces et ses personnages secondaires. Crossbell devient progressivement un lieu familier, avec ses habitudes, ses conflits et ses habitants que l’on recroise régulièrement. Il faut aimer lire, discuter et prendre son temps, mais cette construction patiente donne ensuite beaucoup plus de poids aux événements importants.
Le système de combat reste l’un des grands plaisirs de la duologie. Les affrontements se jouent au tour par tour sur une grille, avec un vrai travail de placement, de gestion des tours et de préparation de l’équipe. Les Arts permettent de lancer des capacités magiques grâce à l’équipement orbal, tandis que les Crafts donnent à chaque personnage ses propres techniques. Les combats deviennent progressivement plus tactiques sans jamais perdre en lisibilité, notamment grâce aux attaques coordonnées et aux bonus liés à l’ordre des tours.
Les versions Switch 2 ne changent pas le contenu ni la structure de ces deux JRPG. Elles améliorent surtout leur confort. Les jeux profitent de textures retravaillées en haute définition, tout en laissant la possibilité de conserver les textures d’origine pour celles et ceux qui préfèrent l’apparence plus proche des versions PSP. Plusieurs options de filtrage sont également disponibles, ce qui permet d’ajuster l’image selon que l’on joue en portable ou sur grand écran.
La fluidité et la définition bénéficient aussi de la puissance supplémentaire de la Switch 2. Les portages peuvent proposer une image en 4K sur un téléviseur compatible et viser jusqu’à 120 images par seconde selon les réglages. Cela ne transforme pas radicalement la mise en scène de jeux conçus au début des années 2010, mais l’exploration de Crossbell, les déplacements et les combats gagnent en netteté et en confort.
Le mode souris des Joy-Con 2 est également pris en charge. Il permet de déplacer directement le curseur dans les menus et pendant les combats, une alternative agréable pour manipuler les nombreuses options de l’équipement orbal ou sélectionner rapidement une action. Cela reste un bonus de confort plutôt qu’une nouvelle manière de jouer, mais il s’intègre naturellement à des JRPG aussi riches en menus. Le mode turbo, déjà présent sur les versions Switch de 2022, reste aussi de la partie. Il accélère les trajets, les combats et certaines phases plus répétitives, ce qui fait une réelle différence dans une série aussi généreuse en dialogues, en quêtes secondaires et en retours dans les mêmes zones.
La gestion des sauvegardes est particulièrement soignée. Les sauvegardes de Trails from Zero et de Trails to Azure sur Nintendo Switch peuvent être transférées dans leurs nouvelles versions Switch 2. Il est également possible de reprendre une sauvegarde terminée de Trails from Zero sur Switch dans Trails to Azure sur Switch 2, afin de préserver la continuité entre les deux jeux. C’est une attention appréciable, même si elle rend l’absence de mise à jour gratuite encore plus frustrante.
Faut-il repasser à la caisse si l’on possède déjà les deux épisodes sur Switch ? Pour une première découverte, ces nouvelles éditions sont clairement les meilleures versions console à privilégier : elles sont plus nettes, plus fluides et conservent toutes les options de confort essentielles. Pour les joueurs ayant déjà terminé la duologie en 2022, l’intérêt dépendra surtout de l’envie de retourner à Crossbell dans de meilleures conditions techniques.
Cette sortie simultanée rappelle surtout à quel point l’arc Crossbell occupe une place à part dans Trails. Plus proche de ses personnages, plus attaché à une ville qu’il prend le temps de faire exister et porté par deux épisodes qui se répondent constamment, il reste l’un des meilleurs moyens de comprendre ce qui rend la série de Falcom si particulière.
Retrouvez ci-dessous nos vidéos de gameplay sur Nintendo Switch 2 :
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