Vampire Survivors, je l’ai maugréé pendant des semaines avant de finir par admettre que c’était malin. Alors quand Poncle a annoncé Vampire Crawlers, son spin-off deckbuilder en tour par tour développé avec Nosebleed Interactive, j’ai levé un sourcil suspicieux. Transformer une formule déjà discutable en quelque chose d’encore plus différent, c’est le genre de pari qui finit généralement mal. Disponible depuis le 21 avril 2026 sur Nintendo Switch 2, le résultat m’a contrarié, parce qu’il est globalement meilleur que ce que j’espérais critiquer.
On explore des donjons en vue à la première personne, et dès qu’on croise un ennemi, le jeu bascule en combat de cartes au tour par tour. L’idée centrale, le “Turboturn”, consiste à enchaîner ses cartes par ordre croissant de coût en mana pour déclencher un multiplicateur de dégâts. Des cartes “Wild” permettent de maintenir ou réinitialiser les combos sans les interrompre. Les armes et passifs emblématiques de Vampire Survivors — le fouet, la baguette de feu, l’ail — se retrouvent tous ici sous forme de cartes, et leur traduction dans ce nouveau format est franchement bien pensée. Chaque personnage dispose en plus de son propre set de cartes et de mécaniques passives, ce qui donne une vraie variété de builds à explorer.
La progression est multicouche : on débloque des personnages supplémentaires, des améliorations permanentes via un hub de village, des slots de gemmes pour personnaliser chaque carte individuellement, et un forgeron pour upgrader son deck de façon permanente. Les boss de fin d’étage ont leurs propres capacités spéciales et peuvent polluer votre deck avec des cartes parasites qui modifient vos coûts de mana. Côté bande-son, Poncle a eu le bon goût de confier le thème principal, intitulé “Il Cuor Non Si Spaura” — soit “Le Cœur n’a pas peur” en italien — à Yoko Shimomura, compositrice japonaise légendaire connue pour Kingdom Hearts, Super Mario RPG, Street Fighter II, et la série Mario & Luigi de Superstar Saga jusqu’à Paper Jam. Une pointure absolue dans le milieu, et le résultat est à la hauteur de son pedigree.
Là où le bât blesse, c’est dans la courbe de difficulté. Les premières heures sont trop faciles, les combos trop évidents, et la mécanique d’enchaînement trop automatique pour vraiment stimuler la réflexion. La répétition se fait sentir avant que la progression débloque suffisamment d’options pour corser les choses. Vampire Crawlers n’est pas parfait, et les amateurs de deckbuilders exigeants iront probablement chercher leur bonheur ailleurs. Mais pour neuf euros et quelques dizaines d’heures de contenu à débloquer, Poncle prouve une nouvelle fois qu’ils savent vendre une bonne affaire. Malgré moi.
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