Avant même d’être une console, la Nintendo Switch avait déjà une promesse : Dragon Quest XI fut le premier jeu annoncé pour ce qui s’appelait encore NX. Sept ans après son arrivée sur Switch, Dragon Quest XI S : Les Combattants de la destinée – Édition définitive revient sur Nintendo Switch 2. Le constat reste simple : c’est toujours l’un des grands JRPG modernes, une aventure généreuse, chaleureuse et remarquablement maîtrisée. Cette nouvelle version pose néanmoins un problème évident pour ceux qui possèdent déjà l’édition Switch.
Pour les nouveaux venus, difficile de faire la fine bouche. On y incarne un jeune homme découvrant qu’il est le héros annoncé par une ancienne prophétie. Son périple l’entraîne à travers Erdrea, un monde vaste et lumineux, plein de villages à explorer, de secrets à découvrir et de monstres dessinés par Akira Toriyama. Comme souvent avec Dragon Quest, le récit prend le temps de présenter ses compagnons avant de faire monter les enjeux. Il y a de l’humour, de l’émotion, une vraie sensation de voyage et cette capacité rare à faire d’une simple halte dans une nouvelle ville une petite aventure.
Le système de combat reste fidèle à la tradition de la série : du tour par tour lisible, accessible au départ, puis de plus en plus riche grâce aux compétences, aux équipements et aux combinaisons possibles entre les membres de l’équipe. Le jeu permet toujours de conserver une présentation classique à la première personne ou de déplacer librement ses personnages sur l’aire de combat. Cette liberté n’est pas indispensable à la stratégie, mais elle participe au charme de cette version. Il est également possible de parcourir l’intégralité de l’aventure dans une présentation 2D inspirée des épisodes Super Nintendo, une option déjà présente dans l’Édition définitive sortie sur Switch en 2019.
La grande nouveauté de cette édition Switch 2 tient essentiellement dans ses deux modes techniques. Le mode Performance vise le 1080p et 60 images par seconde, aussi bien sur téléviseur qu’en portable. C’est celui à privilégier : l’exploration, les rotations de caméra et les combats profitent immédiatement de cette fluidité doublée, qui rend l’ensemble plus agréable sans dénaturer la direction artistique. Le mode Qualité privilégie une définition de 1440p en mode téléviseur, mais reste à 30 images par seconde. L’image gagne en finesse sur grand écran, sans transformer suffisamment le rendu pour faire oublier la perte de fluidité.
Dans les deux cas, la version Switch 2 se montre stable, y compris dans les zones chargées et pendant les animations les plus spectaculaires. Ce n’est pas une refonte visuelle : les modèles, les décors et le contenu sont ceux de l’Édition définitive de 2019. Mais sur une console hybride, retrouver Dragon Quest XI avec une image plus propre et une fluidité stable à 60 images par seconde est un vrai confort. C’est aujourd’hui la meilleure façon de découvrir Erdrea sur une machine portable.
C’est aussi là que Square Enix gâche une partie de la fête. Cette version Switch 2 n’est pas une mise à jour de la version Switch : il faut acheter une édition distincte, même si l’on possède déjà le jeu. Aucun transfert de sauvegarde n’est possible entre les deux versions. Une aventure commencée, voire presque terminée, sur Switch ne peut donc pas être poursuivie sur Switch 2. Il faut repartir de zéro.
Cette décision paraît difficile à défendre parce qu’aucun contenu inédit ne vient accompagner la ressortie. La bande-son orchestrale, les voix anglaises et japonaises, le mode 2D, les quêtes supplémentaires, la forge, le mode photo et les options de confort font déjà partie de l’Édition définitive sur Switch. Ils restent excellents, mais ne constituent pas une nouveauté pour les joueurs de longue date.
La version physique enfonce un peu plus le clou. Square Enix a opté pour une Game-Key Card plutôt que pour une cartouche contenant le jeu. Il faut donc télécharger les données avant de commencer l’aventure, puis conserver cette carte dans la console pour jouer. Le support garde l’intérêt d’être prêté ou revendu, mais il ne satisfera pas ceux qui espéraient posséder Dragon Quest XI S sur une cartouche complète.
Au final, Dragon Quest XI S reste une recommandation évidente pour qui n’a jamais visité Erdrea. Son aventure au long cours, ses personnages attachants, son monde superbement construit et son tour par tour exemplaire n’ont rien perdu de leur force. Sur Switch 2, le mode Performance lui apporte enfin la fluidité que cette version méritait.
Pour les possesseurs de l’édition Switch, le bilan est beaucoup moins flatteur. Sans mise à niveau, sans transfert de sauvegarde, sans contenu supplémentaire et avec une édition physique en Game-Key Card, cette ressortie ressemble surtout à un correctif technique vendu séparément. Un excellent JRPG, donc, mais une édition Switch 2 qui aurait mérité bien plus d’égards pour ses premiers joueurs.
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