Une épée, des ennemis et une bonne raison de traverser leur territoire en distribuant des coups : voilà un programme qui me parle. Développé par Alexey Suslin et édité par Sometimes You, King’s Blade est disponible sur Nintendo Switch depuis le 30 septembre 2026. Ce beat ’em up de fantasy assume son héritage arcade, quelque part entre les guerriers de Golden Axe et les bagarres de Streets of Rage. Pas besoin d’un arbre généalogique pour comprendre pourquoi tout le monde veut vous casser la figure.
Le scénario nous place dans les bottes des guerriers d’élite de la Lame du Roi, lancés contre l’Empire Barganien. L’objectif consiste à traverser ses territoires jusqu’à la capitale ennemie. C’est un prétexte, et le jeu ne cherche pas à nous vendre autre chose. Dans ce genre, une histoire simple n’est pas un défaut : mieux vaut une bonne mêlée qu’un conseiller royal qui explique pendant vingt minutes pourquoi le prochain pont est fermé.
La campagne propose douze niveaux et six personnages, dont deux à débloquer. Leurs techniques permettent de varier les approches, tandis que les décors cachent quelques secrets. Cette diversité apporte un peu de relief à une progression qui reste, par nature, répétitive : avancer, affronter une nouvelle troupe, puis recommencer. Les amateurs connaissent la chanson. Encore faut-il que les coups portent suffisamment bien pour avoir envie du refrain.
King’s Blade demande davantage d’attention qu’un simple martèlement du bouton d’attaque. Le placement, les combos, les sorts et les attaques spéciales participent à la gestion des groupes adverses. Les armes récupérées dans l’environnement complètent l’arsenal. Il faut surveiller les ennemis plutôt que foncer systématiquement au milieu, sous peine de découvrir que votre guerrier héroïque possède surtout un talent pour servir de cible.
Tout n’est cependant pas aussi affûté que le titre le suggère. La détection des coups manque parfois de précision et l’intelligence artificielle présente des comportements agaçants. Les compagnons contrôlés par le jeu peuvent notamment récupérer des objets que l’on aurait préféré garder pour soi. Des alliés qui vous compliquent la vie : finalement, le réalisme progresse.
La coopération locale jusqu’à quatre joueurs constitue donc un argument important. On peut aussi compléter l’équipe avec des combattants contrôlés par l’ordinateur, mais partager l’aventure avec de vrais partenaires reste l’option la plus séduisante. Ce genre gagne naturellement à réunir quelques joueurs devant le même écran, même lorsque personne n’assume avoir ramassé le dernier objet utile.
Visuellement, le jeu possède une personnalité rétro marquée, sans se contenter d’imiter exactement un classique. Sur Nintendo Switch, le portage bénéficie d’une action fluide selon le test consacré à cette version, y compris dans les affrontements chargés. Les chargements sont courts et aucun problème de sauvegarde ou plantage n’a été relevé durant ce test. Le jeu propose également des textes français et fonctionne en portable comme sur téléviseur.
King’s Blade ne détrône pas les références du beat ’em up. Sa répétitivité, sa détection des coups et ses équipiers artificiels limitent ses ambitions. Mais ses personnages, ses secrets et sa coopération lui donnent suffisamment de répondant pour intéresser les amateurs de fantasy musclée. Une proposition modeste, imparfaite, mais qui comprend une chose essentielle : parfois, on veut simplement prendre une épée et régler le problème du royaume sans assister à trois réunions préparatoires.
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