Bon, je vais être honnête avec vous : quand on me confie un jeu de camping-car cozy à tester, ma première réaction c’est “mouais, encore un Stardew-like avec des arbres”. Et puis j’ai lancé Outbound. Et j’ai raté ma réunion de 14h.
Square Glade Games vous installe au volant d’un camping-car dans un futur utopique où l’humanité a visiblement réussi à ne pas tout détruire — éoliennes, énergie solaire, recyclage généralisé. Dès le départ, vous choisissez votre van parmi trois options et vous le peignez à vos couleurs. Le mien était vert électrique, évidemment. La direction artistique est lumineuse, les ciels bleus de midi fondent en dégradés chauds au coucher du soleil, les prairies jouent avec des teintes de vert, brun et jaune. C’est beau, c’est doux, ça fait du bien.
Sur Switch 2, ça tourne proprement — aucun ralentissement, pas de temps de chargement frustrants. En mode nomade les détails en arrière-plan manquent un peu de netteté, surtout par mauvais temps, et les arbres lointains ont tendance à apparaître un peu tard. Rien de rédhibitoire, mais à noter pour les puristes. Côté son, c’est la nature qui fait le travail : pluie, tonnerre, oiseaux. Quelques mélodies au piano ponctuent le voyage de manière un peu inégale, et les silences dans les bois peuvent basculer du serein vers l’étrange un peu vite.
La boucle de gameplay, elle, est redoutablement efficace. On collecte du bois mort, du métal recyclé, des plantes — on répare des ponts, on débloque de nouvelles zones, on télécharge des plans de construction depuis des tours satellites. Sur le toit et autour du van, on installe cuisine, serre, scierie miniature. Le crafting alterne entre un mini-jeu de précision pour les upgrades du véhicule et un système “pose et oublie” pour fabriquer matériaux et nourriture. Trois jauges à gérer — carburant, faim, santé — mais sans pression. Et un chien vous rejoint en cours de route, avec son propre sac à dos. Franchement, le chien à lui seul justifie le jeu.
Ce que j’aurais voulu que le jeu pousse davantage ? La narration. Il y a des cabanes abandonnées, des notes, des restes de repas — des signes de vie humaine qui laissent entrevoir quelque chose… mais ça ne va jamais assez loin. En tant que game designer, c’est le genre de ficelle narrative qui me démange les doigts : il y avait matière à quelque chose de fort, et le jeu s’arrête au bord du précipice. La personnalisation du van en vue à la première personne manque aussi de précision — et l’absence du mode souris Joy-Con 2 ici, c’est dommage. La conduite hors route, elle, est laborieuse : l’option “débloquer” devient votre meilleure amie.
La coopération jusqu’à 4 joueurs en ligne est l’argument massue pour convaincre vos amis : même van, mêmes machines, objectifs partagés. Préparez-vous aux disputes pour savoir qui prend le volant. Outbound n’est pas le jeu le plus ambitieux de l’année, et ce n’est clairement pas ce qu’il cherche à être. C’est une balade généreuse, lumineuse, et étrangement addictive. Et quand j’ai posé la Switch 2, j’avais déjà envie de reprendre la route.
Découvrez ci-dessous les premières minutes de jeu dans cette vidéo maison :
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