Je vais être direct : ça fait longtemps qu’un jeu ne m’avait pas fait rater mon heure de coucher. Sektori, développé par Kimmo Lahtinen — vétéran de 13 ans chez Housemarque, le studio derrière Resogun — est sorti le 14 mai 2026 sur Nintendo Switch 2, et je peux vous dire que ma manette a chauffé.
La comparaison avec Geometry Wars arrive immédiatement, et je ne vais pas l’esquiver : oui, c’est la même base. Arène vue de dessus, vaisseau, ennemis géométriques colorés, bande-son électronique. Mais Kimmo Lahtinen a pris cette recette et l’a portée à un niveau que je n’avais pas vu venir. Geometry Wars a régné longtemps dans mon panthéon personnel. Il vient d’en être éjecté.
Ce qui m’a d’abord surpris, c’est la profondeur cachée sous l’apparente simplicité. Je pilote le Redeemer — mon vaisseau triangulaire personnalisable — et j’ai deux outils principaux : le tir classique au stick droit, et le strike, un dash vers l’avant qui génère une explosion autour du vaisseau. En soi, rien de révolutionnaire. Mais enchaîner plusieurs strikes d’affilée en visant les power-ups qui apparaissent sur l’arène permet de contourner le temps de recharge — et là, la magie opère. J’ai passé des heures à perfectionner mes chaînes, et je n’en suis pas encore satisfait.
L’autre mécanique qui m’a scotché : l’arène elle-même bouge. Toutes les 15 secondes environ, les murs se déplacent, de nouvelles zones apparaissent, des jump pads surgissent. Se faire coincer dans les zones rouges lors d’un changement, c’est la mort instantanée. On ne peut jamais se reposer sur ses acquis, et c’est précisément ce qui rend chaque run unique. Ajoutez à ça le système Gradius-like d’upgrades — six attributs à débloquer dans l’ordre (vitesse, score, strike, bouclier, missile, blaster) — et un système de cartes à sélectionner avant chaque run pour créer des synergies, et vous avez un jeu qui demande autant de stratégie que de réflexes.
Une chose honnête à préciser : Sektori ne vous explique pas tout ça très bien au départ. J’ai mis un moment à comprendre que collecter plusieurs power-ups d’affilée faisait progresser le curseur d’upgrades. Et quand les premières cartes sont apparues à l’écran, j’avoue avoir regardé sans comprendre. Un tutoriel plus complet n’aurait pas été de trop.
Côté contenu, difficile de se plaindre. La campagne principale avec ses boss en mode bullet-hell est déjà généreuse, mais six modes supplémentaires viennent allonger considérablement la durée de vie : Classic, Surge, Gates, Crash, Assault et Boss Rush, chacun avec ses propres règles et son propre leaderboard mondial. 114 médailles à décrocher en font un jeu qu’on revient gratter longtemps après le générique. Je me suis surpris à relancer le mode Gates — que j’avais boudé au départ — juste pour grappiller quelques points de plus sur le classement.
Sur Switch 2, c’est irréprochable. 60fps stables en docké comme en nomade, sans un seul drop. Les visuels psychédéliques — motifs tourbillonnants en fond, ennemis multicolores, explosions en cascade — sont un vrai spectacle. Et la bande-son techno de Tommi Lahtinen ? Elle colle parfaitement à l’intensité du jeu. Le sound design complet — armes, explosions croquantes lors des strikes, alarme anxiogène lors des changements d’arène — est une réussite totale.
Sektori est un chef-d’œuvre du genre. Brutal, addictif, techniquement impeccable, et généreux en contenu. Si vous avez une Switch 2, vous n’avez aucune excuse.
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