Je vais être direct : R-Type III sur SNES, j’y ai laissé des heures et une bonne partie de ma santé mentale. Alors quand ININ Games annonce R-Type Dimensions III, un remaster 3D du classique de 1993 disponible sur Nintendo Switch 2, Gérard ressort la manette avec un mélange d’excitation et de méfiance. Et cette méfiance, elle était malheureusement justifiée — au moins en partie.
Petit rappel historique pour les non-initiés : R-Type III était une anomalie dans la série. Contrairement aux deux premiers opus nés dans les arcades, ce troisième épisode était une exclusivité console, taillée pour faire suer le SNES. Il introduisait deux nouveaux modules Force — le Cyclone et le Shadow — ainsi qu’un nouveau vaisseau, le R-90 Ragnarok. Un jeu d’une technicité redoutable, presque puzzle par moments, où chaque millimètre de positionnement comptait. C’est cet héritage que Dimensions III porte sur ses épaules.
Le principe de la série Dimensions est simple et séduisant : vous pouvez basculer à la volée entre les visuels 3D entièrement reconstruits et la version 2D remasterisée. Et quand la 3D fonctionne, elle impressionne vraiment. Les environnements industriels deviennent un enchevêtrement de tuyauterie métallique brillante et menaçante. Les armes sont spectaculaires : le Cyclone Force se transforme en orbe lumineux qui projette de l’énergie à travers l’écran. Les stages Bydo dégagent une texture organique et répugnante qui colle parfaitement à l’atmosphère sci-fi horrifique de la série.
Côté gameplay, les six stages restent ceux qu’on connaît — des labyrinthes de mort où l’écran tourne, les tunnels pivotent, et les murs se referment sur vous sans prévenir. Le jeu exige une mémorisation quasi totale. Avant chaque run, vous choisissez parmi trois modules Force qui changent radicalement votre approche — le Shadow Force avec ses tirs arrière et ses attaques à 360 degrés devient presque indispensable quand l’écran commence à tourner dans tous les sens.
R-Type III n’a jamais été un jeu pour tout le monde — et notre rédac chef Kabuki en est la preuve vivante. L’homme avait une SNES. Il a eu trente ans pour s’entraîner. Je l’ai quand même regardé se faire détruire par le premier stage pendant vingt minutes avant qu’il me rende la manette avec un “c’est buggué ce truc”. Non Kabuki. C’est pas buggué. C’est R-Type. Et R-Type ne pardonne pas — surtout pas les imposteurs.
La bonne nouvelle, c’est que le mode Infini vous permet de réapparaître exactement là où vous mourez, sans limite de vies — indispensable pour progresser, et particulièrement utile pour ceux qui, malgré une SNES dans leur passé, n’ont visiblement pas fait leurs devoirs. Un mode Avancé existe pour les masochistes, et plusieurs filtres visuels sont disponibles, dont un Retro 2.0 très réussi.
La coopération locale à deux joueurs et les leaderboards en ligne complètent un package solide. Les commandes personnalisables et les options de confort sont les bienvenues — mais on aurait aimé un mode Score Attack ou un Boss Rush pour étoffer davantage le contenu. La bande-son remasterisée est correcte, même si des problèmes audio ont été signalés dans certaines situations.
R-Type Dimensions III est un remaster ambitieux qui réserve de vrais moments d’exaltation. Pas parfait, mais largement suffisant pour replonger dans l’un des shmups les plus exigeants de l’ère 16 bits — avec ou sans trente ans de rouille.
Retrouvez la vidéo de Kabuki ci-dessous :
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